Dès 7H30, le cata situé juste derrière nous nous fait signe qu’il souhaite partir. On n’a pas le choix, on doit partir nous aussi pour qu’ils puissent manœuvrer « sainement ». De toutes façons on n’est pas fâchés de quitter Union, escale très utilitaire (plein d’essence pour l’annexe et de liquide pour le porte-monnaie) mais peu agréable au mouillage. Les bateaux sont les uns sur les autres et il y a un traffic incessant de bateaux à moteur, d’annexes, d’avions, etc…
Direction Palm Island où on prendra le petit déjeuner. En une demi-heure de tranquille navigation au moteur, on change complètement de cadre. Palm Island est une île hôtel, réservée à de riches vacanciers (de 500 à 850$ la nuit). Ici tout est léché, l’ambiance est feutrée. Il n’y a pas un brin d’herbe qui dépasse, pas un caillou pour vous écorcher le pied sur la plage de sable blanc. Les bateaux sont juste tolérés, mais on ne doit pas pénétrer à l’intérieur de l’île ni troubler la quiétude des clients de l’hôtel. Qui sont ces pauvres qui circulent sur des voiliers-caravanes, qui n’ont même pas les moyens de mettre 20000 l de gasoil par semaine dans un yacht. On se sent romanichel… Des italiens nous font des petits signes de mains pour nous saluer, on doit les intriguer avec nos 6 enfants… Tiens c’est vrai, pas un seul enfant parmi les clients, ça doit faire trop de bruit les enfants, ça crie, ça piaille, ça pleure pour un oui ou pour un non. Il n’y a ici que des couples plus ou moins jeunes dont une bimbo en string décolorée (la bimbo, pas le string…), et pour servir ce petit monde une armée de barmen, jardiniers, cuisiniers…
Bref on plaisante et on philosophe sur ce monde ou chacun doit rester à sa place, il n’en reste pas moins que ça a quand même un bon goût de paradis ici et on en profite à fond, on en prend plein les mirettes et on nage autant dans la félicité que dans l’eau turquoise du lagon. Les nombreux poissons qui vivent ici l’ont bien compris, l’eau des riches est quand même la meilleure…
L’après-midi, nous relevons l’ancre direction Petit Saint Vincent, terminus de notre voyage vers le sud. PSV est également une île hôtel, même ambiance qu’à Palm island, par contre les fonds sont encore plus riches. Bien sûr ça ne vaut pas les lagon polynésiens mais ça satisfait pleinement nos désirs de rencontres sous-marines. Ici on est vraiment bien.
Pour clore cette belle journée, on part faire une petite partie de pêche avec Léo et Lucas sur l’annexe. Cette fois on emporte une lampe frontale et la VHF portable car Christine n’était pas rassurée la dernière fois qu’on était ainsi partis de nuit. La pêche est moins bonne qu’à canouan mais Léo ramène quand même une petite bonite qu’on mettra au congélateur pour servir d’appât à beaucoup plus gros et une belle orphie qu’on rejette aussitôt à l’eau, elle gardera juste une petite cicatrice à la lèvre…
Le soir mauvaise nouvelle, mon maillot de bain a disparu ! Je soupçonne la Bimbo en string d’avoir profité d’un moment d’inattention de ma part pour me chiper mon précieux vêtement… L’autre mauvaise nouvelle, c’est mon dos qui se couvre de cloques et de plaies purulantes, je suis bien brûlé, on va passer à l’application intensive de biafine, après désinfection bien-sûr… Et cette connexion internet qui ne marche plus, comment je vais faire pour poster tout ça moi ?